Le ku klux klan : secte racial

par Arcanum  -  16 Octobre 2015, 08:00  -  #societe secrete

Né au XIX' siècle, le Ku Klux Klan continue aujourd'hui encore d'exalter la suprématie de la race blanche. Et juge légitime l'usage de la violence. Le nom vient-il du grec ? A-t-il ete inspire par le folklore écossais ? Ce que l'on sait avec certitude, c'est que le Ku Klux Klan est fondé en 1866 à Pulaski dans le Tennessee. L'Union vient de remporter la victoire militaire. Les États du Sud, vaincus, contraints d'accepter l'émancipation des esclaves, subissent la reconstruction. A la tête du Klan, un Grand Sorcier, le général Nathan Bedford Forrest, qui a combattu dans l'armée confédérée. Sous ses ordres, des dragons, des titans, des géants et des cyclopes. Les membres revêtent de longues robes blanches, portent cagoule et ont pour objectif de terroriser les Noirs, leurs amis du Nord (les carpetbaggers) et du Sud (les scalawags). Ils recourent à des méthodes à la fois simplistes et brutales, allient le canular à la violence, agissent dans la nuit et le mystère, tabassent et assassinent pour empêcher que les esclaves d'hier puissent voter. Leur idéologie, un peu courte, est partagée par les Fils du Sud, la Société de la rose blanche, les Chevaliers de la croix noire, les Chevaliers du camélia blanc, etc. Autant de groupuscules qui témoignent des bouleversements que le Sud repousse. Le Klan rassemble alors environ un demi-million d'adhérents.

Le ku klux klan : secte racial

Les dérapages conduisent le gouvernement fédéral à interdire le Klan, qui disparaît en 1871. Il renaîtra de ses cendres en 1915. William Joseph Simmons est agent d'assurances, après avoir été prédicateur. Il vient de voir le film de David Griffith, Naissance d'une nation, et décide de fonder à Atlanta, avec seize compagnons, une société commémorative en l'honneur du Klan. Il met sur pied un rituel. qu'il dénomme le Kloran. Une hiérarchie complexe, avec ses kleagles, ses dragons, ses faucons, ses cyclopes, ses titans, ses kludds, ses klaliffs, etc., satisfait les penchants des uns et des autres pour l'ésotérisme. Les robes blanches et les cagoules sont vendues par les chefs.

Mais il faut attendre le début des années 1920, l'intervention de deux organisateurs talentueux, Edward Young Clarke et Elizabeth Tyler, pour que les adhésions affluent. On compte bientôt environ deux millions de membres, répartis, et c'est une nouveauté si l'on compare avec le premier Klan, entre le Sud, le Nord, le Middle West, voire l'Ouest. Le Klan est devenu une organisation nationale. Les membres du Klan viennent des campagnes, des petites et des grandes villes. Ils partagent la haine des étrangers, des Juifs, des catholiques, des adversaires de la prohibition, des syndicats, des subversifs et, bien sûr, des Noirs. Ils défendent un « américanisme à cent pour cent», à une époque où la xénophobie, le racisme et le fondamentalisme balayent les États-Unis. Mais le Klan est victime de son succès. Il a grandi trop vite, suscité des convoitises et engendré des malversations. De plus, la crise des années 1930 fait pencher les Américains du côté du réformisme. L'heure des transformations sociales a sonné. Le Klan faiblit, au point qu'on peut croire qu'il a cessé d'exister. Une fois encore pourtant, il ressurgit. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il participe à sa manière à une nouvelle croisade. Désormais, l'ennemi c'est le communisme. Mais le Klan ne manque jamais d'attiser les haines contre les Noirs, les Juifs, les Asiatiques, les Hispaniques, les libéraux. Il n'hésite pas à commettre des attentats et à se livrer à des actions terroristes. L'un des siens a tenté en 1978 de se faire élire au Sénat de Louisiane. David Duke a recueilli un tiers des voix. Onze ans plus tard, après avoir quitté le Klan « pour des raisons tactiques, dans l'intérêt de la cause de la suprématie blanche », il siège à la Chambre des représentants de cet État. Il préside une association pour le progrès des Blancs, bâtie sur le modèle de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People). Il réclame avec détermination que l'action positive en faveur des Noirs soit rangée dans le placard des idées défuntes et que cesse « la discrimination à rebours » dont les Blancs seraient les victimes.

Personne ne peut évaluer avec précision le nombre des adhérents du Klan, et moins encore de ses sympathisants. Ce qui fait sa force, ce sont les frustrations que ressentent certains Blancs, ruraux ou citadins. Ils ont l'impression que « les autres » bénéficient de la protection, de la bienveillance, des subsides du gouvernement. Ils croient dur comme fer qu'à Washington, des politiciens corrompus puisent à pleines mains dans les caisses publiques pour s'enrichir et servir leurs clients. Ils militent pour «préserver [les] filles blanches des hommes noirs, pour la pureté de la race ». Divisé, réduit à réunir des mécontentements mal formulés, incapable de tenir un rôle dans la vie politique, le Klan n'en exprime pas moins une dérive dangereuse. Mais il ne faut surtout pas surévaluer son influence.

Le ku klux klan : secte racial